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Actualités Février-Mars 2010Passons immédiatement au 6 mars : le référendum Icesave a eu lieu, où 60% des électeurs islandais se sont déplacés, et 92% de ces derniers ont dit « non » à l’accord signé en octobre 2009.
Icesave : le référendum fantôme… Cette consultation a une première caractéristique : il n’y a pas eu de campagne ! Elle tranche ainsi avec les élections périodiques, qui donnent lieu à de violentes diatribes entre candidats cherchant désespérément des différences entre eux ; elle tranche plus encore avec les débats, pour ne pas dire déballages, entendus à l’Alþingi et autour lors des deux votes sur l’accord Icesave ! POUR LA SUITE, CLIQUER SUR "LIRE PLUS" Ce référendum a été demandé par un quart du corps électoral, provoqué par le Président de la République pour « permettre au peuple de s’exprimer » avec en toile de fond le souhait de développer la « démocratie directe » sur l’île. Or une fois acquis, il semble embarrasser tout le monde ! Est-ce que parce que le choix proposé était bien moins clair qu’il n’y paraît ? Il n’y avait pas d’ambiguïté du coté du « oui » - oui, il faut accepter l’accord Icesave signé en octobre 2009 et accepté à une courte majorité par l’Alþingi, car c’est la condition pour obtenir très vite les financements nécessaires à la relance de l’économie islandaise, et tout délai coûte bien plus cher que ce qui sera gagné par une éventuelle renégociation -. Mais le « non » peut avoir plusieurs significations : - nous ne voulons rien payer car il n’appartient pas à l’Etat, donc au contribuable islandais, de se porter caution sur une dette privée, contractée de surcroît hors du pays auprès d’épargnants qui auraient du être informés des risques qu’ils prenaient et les assumer, C’est peut être ce dernier point qui a le plus contribué à la dédramatisation de la situation. Le gouvernement, un instant « groggy » par la décision inattendue du Président Ólafur Ragnar, y a vu la possibilité d’une « sortie par le haut » : un accord renégocié qui ferait consensus, et dont les Islandais pourraient être fiers. La reprise des négociations fait espérer que l’on a pris cette voie, et que l’on pourra aller jusqu’au bout. Paradoxalement, une condition nécessaire est un vote négatif au référendum, aussi large que possible. Un vote « oui » en effet confirmerait la loi votée en décembre 2009 et l’accord d’octobre, et conduirait les Britanniques et Hollandais à refuser toute négociation, d’autant plus que ces deux gouvernements sont eux-mêmes en grande difficulté. Sur son contenu, Britanniques et Néerlandais ont d’emblée fixé un « non négociable » : les Islandais devront payer l’intégralité de la dette soit 2.8 milliards d’€. Tout le reste : taux d’intérêt et rythme de remboursement, est négociable. Or s’il est confirmé que les avoirs de l’ancienne Landsbanki couvrent la dette Icesave à 90%, peut-être plus, mais que leur récupération sera longue, il est évident qu’une réduction des intérêts est très intéressante. Et ensuite ? A court terme, le gouvernement et sa majorité, déjà bien chancelante, sortiront-ils indemnes de cette épreuve ? Nouveau paradoxe : l’épreuve ne paraît pas profiter à l’opposition, qui malgré le retour au premier rang du Parti de l’indépendance, dû en grande partie à la désaffection du Mouvement des Citoyens, ne disposerait pas nécessairement d’une majorité à l’Alþingi en cas de nouvelles élections. Et si les deux partis de l’opposition gagnaient, auraient-ils envie de former un gouvernement, et seraient- ils crédibles ? Eux-mêmes semblent en douter. A moins que la phénoménale plasticité de la vie politique islandaise puisse conduire à une formule à trois, laissant le Parti de l’Indépendance dans l’opposition ? A suivre… La négociation avec l’UE : Et il y aura un autre référendum : le 24 février la Commission Européenne a donné son accord pour soumettre la candidature de l’Islande au Conseil Européen Celui-ci, selon toute vraisemblance, confirmera son accord pour le démarrage des négociations. Bien évidemment, le Ministère islandais des Affaires Étrangères se félicite de cette décision et relève que, selon le rapport de la Commission, l’Islande est déjà largement en cohérence avec les « acquis » communautaires. Comme l’on sait, les deux principaux obstacles sont la pêche et l’agriculture, deux domaines dans lesquels l’Union Européenne doit elle-même revoir ses propres politiques, peut-être en s’inspirant, pour ce qui concerne la pêche, de l’expérience de l’Islande… Y aura-t-il une priorité de l’Islande dans les négociations ? Cette idée un moment avancée est aujourd’hui repoussée selon le principe de l’égalité de traitement entre les candidats. Mais est-ce qu’aller vite est vraiment de l’intérêt des « européens » islandais ? L’état de l’opinion fait penser que non (60% contre…). Même les dirigeants d’entreprises, traditionnellement favorables à l’adhésion, sont gagnés par le scepticisme… De son coté, l’Union Européenne fait un geste : elle prête 300 millions d’€ à 4%, dans le cadre des aides consenties aux candidats à l’adhésion. Et pendant ce temps… Des résultats économiques moins mauvais que prévu, mais… On attendait pour 2009 une chute du PNB de 10%, puis de 7 à 8%, ce sera 6.5% ; et ceci grâce à une progression de 3,3% du 3ème au 4ème trimestre. Ce résultat doit beaucoup au commerce extérieur, et celui-ci à la hausse des cours mondiaux de l’aluminium : en 2009, les exportations ont progressé de 6.2% et les importations ont régressé de 24%, et cette tendance est confirmée pour février 2010 : 44.3 milliards d’Ikr aux exportations et 30.4 aux importations. Quant aux prix, après une diminution de 0.3% en janvier due essentiellement aux soldes, ils ont repris leur progression : + 1.15% en février, soit 7.3 % pour les 12 derniers mois. Cependant, la bonne tenue de l’Ikr (174 Ikr pour 1 €) devrait permettre un nouveau ralentissement de l’inflation. Mais l’examen de ces résultats tempère la satisfaction. La diminution des importations concerne surtout les biens d’équipement, et ceci se reflète dans une chute de près de 52% de l’investissement entre 2008 et 2009. C’est pourquoi les prévisions pour l’avenir restent sombres : 2010 sera encore une année de contraction du PNB et le chômage va poursuivre sa progression au moins jusque l’été. Une forte émigration : Le 16 février le Bureau des Statistiques diffuse une information inquiétante : en 2009 10612 résidents en Islande ont quitté l’île et 5777 sont revenus soit un solde négatif de 4835 résidents, le plus élevé depuis 1887 ! Parmi ces derniers on compte 2466 Islandais et 2369 étrangers, surtout Polonais. Les pays d’accueil sont, outre la Pologne (1583), la Norvège (1275), la Suède (406) et le Danemark (367). Malheureusement le Bureau ne précise pas l’évolution en cours d’année. Mais des lueurs d’optimisme : Au même moment, l’indice du moral des employeurs croît de 37.1 (janvier) à 46.2, alors qu’il était à 24.3 en février 2009. Relevons aussi cet autre indice, calculé par l’INSEAD, et qui classe les nations les plus innovantes : l’Islande saute de la 20ème à la 1ère (première !) place, devant la Suède, Hong-Kong, etc… Sont mentionnés de bonnes infrastructures, un « know-know » technologique largement partagé, le niveau d’investissement dans l’éducation, etc. Car pendant ce temps, la vie continue… 06.02 – le Liberia émet un timbre à l’effigie de Ólafur Ragnar Grímsson. A noter que 10$ libériens valent 18 Ikr,
08.02 – Paris Hilton est allée danser à Los Angeles et Salt Lake City sur des chaussures (les mêmes ?) créées par Gyðja Collection, 13.02 – 10000 personnes participent à la « Nuit des Musées » organisée par 35 musées de Reykjavík, 19.02 – L’Aéroport de Keflavík est considéré comme le meilleur aéroport d’Europe, suivi par celui de Zürich (classement du Airports Council International), By myriade at 07/03/2010 - 3:44pm | Actualités islandaises | Politique intérieure | Relations internationales | Société | Divers | Mars 2010 | Envoyer par email
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